Les haplogroupes

D’après nos connaissances actuelles, tous les êtres humains descendent d’un ancêtre commun qui aurait vécu quelque part en Afrique, il y a plusieurs dizaines de milliers d’années. Ainsi, tous les hommes vivant aujourd’hui auraient un ancêtre commun, aussi appelé Adam Y-chromosomique (ou plus récent ancêtre patrilinéaire commun), et toutes les femmes auraient une ancêtre commune, aussi appelée Ève mitochondriale.

Au fil du temps, des séries de mutations ont modifié le génome des descendants de ces plus récents ancêtres patrilinéaire et matrilinéaire communs, entraînant une diversification des populations humaines. Ces populations se sont dispersées aux quatre coins du globe, diffusant avec elles leur ADN et ses mutations. Les haplogroupes définissent donc des groupes d’humains partageant un ancêtre commun en lignée patrilinéaire ou matrilinéaire, et ayant une même série de mutations sur le chromosome Y ou dans l’ADN mitochondrial, dont il est possible aujourd’hui de dater et tracer les migrations.

Les haplogroupes sont donc utiles en généalogie génétique car ils fournissent des renseignements complémentaires à l’analyse de l’ADN autosomal.

Qu’est-ce que l’haplogroupe du chromosome Y (lignée patrilinéaire) ?

Le chromosome Y se transmet uniquement de père en fils (via la lignée patrilinéaire). Les femmes, qui n’ont pas de chromosome Y, n’ont donc pas d’haplogroupe du chromosome Y dans leur génome.

Au fil des générations et depuis le plus récent ancêtre patrilinéaire commun (aussi appelé Adam Y-chromosomique), des mutations ont modifié le chromosome Y. La comparaison des mutations entre deux hommes permet de savoir dans quelle mesure ils ont un lien de parenté (ce lien de parenté peut dater de dizaines de milliers d’années, ou peut être beaucoup plus récent dans le temps). Plus le nombre de mutations communes sur le chromosome Y est élevé, plus l’haplogroupe paternel est précis et plus l’ancêtre commun est proche dans le temps. Au contraire, moins il y a de mutations communes et plus l’ancêtre commun sera vieux, ayant vécu il y a des dizaines de milliers d’années.

Dans nos sociétés européennes où le nom de famille se transmet aussi de père en fils, l’histoire du nom de famille coïncide généralement avec l’histoire du chromosome Y d’une lignée. Son étude permet ainsi la confirmation scientifique de liens plus ou moins anciens entre deux hommes partageant théoriquement une même lignée agnatique.

Arbre phylogénétique des haplogroupes du chromosome Y :

Arbre phylogénétique des haplogroupes du chromosome Y

L’arbre phylogénétique se lit dans le même sens qu’un arbre généalogique : plus l’on remonte dans l’arbre et plus les haplogroupes sont anciens. Pour donner un ordre de grandeur, les mutations caractéristiques de l’haplogroupe P seraient apparues il y a 40 000 à 45 000 ans, celles de l’haplogroupe R autour de 25 000 ans. À chaque nouvel haplogroupe correspondent de nouvelles mutations qui s’ajoutent aux précédentes. Concrètement, l’haplogroupe R regroupe donc des individus possédant les mutations caractéristiques de l’haplogroupe P, auxquelles s’ajoutent de nouvelles mutations.

Qu’est-ce qu’un haplogroupe de l’ADN mitochondrial (lignée matrilinéaire) ?

Un haplogroupe de l’ADN mitochondrial est défini par l’analyse de l’ADN mitochondrial (ADNmt) contenu dans les mitochondries et transmis par la mère depuis des générations. L’étude de la lignée matrilinéaire repose sur la détection des mutations successives qui se sont produites dans cet ADN mitochondrial depuis celui de l’ancêtre commune la plus récente de toutes les femmes actuelles, qui aurait vécu il y a environ 150 000 ou 170 000 ans (aussi appelée Ève mitochondriale).

En principe, il est beaucoup plus difficile de retrouver un ancêtre commun via la lignée matrilinéaire, puisque le nom de famille change de génération en génération, contrairement à la lignée patrilinéaire.

Cet arbre se lit comme celui des haplogroupes du chromosome Y, dans le même sens qu’un arbre généalogique : plus l’on remonte dans l’arbre et plus les haplogroupes sont anciens. Pour donner un ordre de grandeur, les mutations caractéristiques de l’haplogroupe U seraient apparues il y a entre 43 000 à 50 000 ans, celles de l’haplogroupe T il y a environ 30 000 ans. Ces haplogroupes sont eux-mêmes subdivisés en sous-clades. Pour l’haplogroupe T par exemple, on trouve les sous-clades T1 et T2, elles-mêmes divisées en T1a et T1b, et T2a, T2b, T2c, etc.

Pour mieux cerner la notion d’haplogroupe, prenons un exemple concret :
la mutation C16294T caractérise l’haplogroupe T ;
les mutations C16294T et C16296T caractérisent l’haplogroupe T2 ;
les mutations C16294T, C16296T et G16153A caractérisent l’haplogroupe T2e.

Il y a environ 30 000 ans une mutation s’est produite dans l’ADN mitochondrial de votre ancêtre matrilinéaire, que nous appellerons Christine (mère de la mère de la mère… de votre mère), la mutation C16294T (une cytosine est devenue une thymine à la position 16294 de son ADN mitochondrial) qui caractérise l’haplogroupe T. L’haplogroupe de Christine et de ses descendantes en lignée matrilinéaire est donc l’haplogroupe T.

Quelques millénaires plus tard, une mutation apparaît dans l’ADN mitochondrial de l’une de ses descendantes, Françoise, la mutation C16296T. Françoise a maintenant deux mutations qui caractérisent l’haplogroupe T2, elle et ses descendantes ont donc pour haplogroupe T2.

Descendons encore de quelques millénaires pour analyser l’ADN mitochondrial de Marie, la descendante de Françoise, dans lequel une nouvelle mutation est apparue, la mutation G16153A. Marie a donc trois mutations, cette nouvelle mutation et les deux précédentes héritées de ses ancêtres Christine et Françoise. Cette série de trois mutations correspond à l’haplogroupe T2e, auquel appartient donc Marie et ses propres descendantes.

Si votre haplogroupe est T2e et que celui d’un autre utilisateur de Geneanet est également T2e, vous aurez donc Marie pour ancêtre commun. Si vous êtes de l’haplogroupe T2 et que votre correspondant également, vous aurez pour ancêtre commun Françoise. Et si vous êtes de l’haplogroupe T et que votre correspondant également, vous aurez pour ancêtre commun Christine.

Votre cousinage en lignée matrilinéaire avec cet utilisateur de Geneanet peut donc remonter à quelques centaines d’années, ou a quelques millénaires. Le même principe s’applique pour les haplogroupes du chromosome Y.

source : https://www.geneanet.org/adn/aide/qu-est-ce-qu-un-haplogroupe

Liste des haplogroupes paternels, les clans de vos ancêtres paternels.

Voici de brèves descriptions des principaux haplogroupes du chromosome Y :

Haplogroupe A est la lignée du chromosome Y la plus fondamentale et diverse. Le groupe se retrouve presqu’exclusivement en Afrique avec une forte représentation au sein des sociétés de chasseurs-cueilleurs en Éthiopie et au Soudan.

Haplogroupe B est une ancienne lignée répartie sporadiquement dans tout le continent africain. Ce groupe se retrouve beaucoup chez les pygmées ainsi que les groupes de chasseurs- cueilleurs. Un peu plus de 2% des afro-américains appartiennent à cet haplogroupe.

Haplogroupe C trouve son origine peu de temps après la première migration des humains modernes hors d’Afrique. Aujourd’hui, le groupe est plus fréquent en Eurasie Orientale, en Asie de l’Est et du Sud-Est et peut également se retrouver chez les populations indigènes d’Amérique du Nord.

Haplogroupe D est apparu en Asie. Ses membres ont migrés le long des côtes du Sud de l’Asie pour finalement s’installer en Asie Centrale et Orientale mais pas dans les Amériques. Cet haplogroupe se caractérise par sa différenciation géographique.

Haplogroupe E est l’une des branches les plus anciennes de l’arbre généalogique de l’être humain. Il est apparu il y a 55.000 ans en Afrique Orientale ou en Asie. A cette époque, les toutes premières migrations humaines hors d’Afrique venaient tout juste de se produire. Aujourd’hui, cet haplogroupe est très fréquent en Afrique, même si une sous-branche particulière peut se trouver en Europe.

Haplogroupe F est un haplogroupe ancien et très répandu qui comprend aujourd’hui plus de 90% de tous les hommes non-africains. L’haplogroupe F était l’un des premiers haplogroupes des hommes modernes à se développer hors d’Afrique.

Haplogroupe G est relativement récent mais largement répandu et fréquent chez les populations europeennes de l’Ancien Monde, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Asie Centrale, du Sud et du Sud-Est. Un sous-groupe, le G2c, est un marqueur génétique distinct des juifs ashkénazes.

Haplogroupe H est l’un des labels génétiques principaux d’Inde, et ses membres sont pensés être les responsables des premières grandes installations qu’il y a eu là-bas, il y a 30.000 ans. L’haplogroupe H est également important parmi la population roumaine ou les gitans.

Haplogroupe I se retrouve, aujourd’hui, chez 20% des hommes européens et comprend plusieurs sous-groupes associés à des régions géographiques particulières d’Europe.

Haplogroupe J est très commun au Moyen-Orient et dans la région méditerranéenne incluant l’Afrique du Nord et l’Europe du Sud. La lignée est divisée en sous-groupes J1 et J2, le dernier étant associé aux sites archéologiques néolithiques.

Haplogroupe K s’étend de sa terre natale en Asie du Sud-Ouest à toute l’Eurasie. Aujourd’hui la lignée s’étend de l’Australie et l’Océanie vers l’Asie du Sud et, par conséquent, vers l’Asie du Sud-Ouest et l’Afrique du Nord.

Haplogroupe L est le plus répandu parmi certaines populations d’Inde et du Pakistan. La lignée se retrouve aussi à des fréquences plus faibles en Europe du Sud, en Afrique du Nord, au Moyen- Orient et en Asie Centrale.

Haplogroupe M descend de l’haplogroupe eurasien K. L’haplogroupe M est caractéristique des populations d’Asie du Sud-Est et certains l’ont associé au développement de la riziculture dans cette région.

Haplogroupe N est apparu en Asie du Sud-Est ou possiblement en Eurasie orientale. Cet haplogroupe est réparti assez sporadiquement de la Chine vers l’Europe du Nord-Est, atteignant ses concentrations les plus élevées dans certaines populations de Sibérie.

Haplogroupe O est spécifique à l’Asie de l’Est. Ses sous-groupes O1 et O3 sont typiques des populations chinoises, alors qu’O2 est réparti sporadiquement du Sud vers l’Est de l’Asie.

Haplogroupe P et ses principaux groupes descendants, Q et R, sont présents dans de nombreuses populations d’Europe de l’Ouest, d’Asie centrale et indigènes d’Amérique. . Aujourd’hui, les descendants de ces lignées liées les unes avec les autres se retrouvent dans toute l’Eurasie et les Amériques.

Haplogroupe Q est fréquent parmi les populations originaires de Sibérie. Il y a environ 15.000 ans, la lignée s’est développée dans le Nouveau Monde, devenant l’haplogroupe patrilinéaire le plus répandu chez les personnes natives d’Amérique du Nord et du Sud.

Haplogroupe R est un haplogroupe européen majeur. Le sous-groupe R1a s’est séparé il y a 15.000 ans, lors du pic de la période glaciaire. Il se retrouve à une forte fréquence et à une diversité élevée dans le Nord de l’Inde et en Europe de l’Est. R1b se retrouve dans toute l’Europe. La récente émigration européenne a transporté cet haplogroupe vers les Amériques ainsi qu’en Australie.

Haplogroupe S est caractéristique des hautes plaines de Papouasie Nouvelle Guinée et des chercheurs pensent qu’il y trouve son origine. Des généticiens ont, seulement récemment, fait la distinction entre l’Haplogroupe S de son ancêtre, l’haplogroupe K.

Haplogroupe T est un haplogroupe très rare qui se retrouve principalement en Afrique Orientale et en Asie Occidentale. Il se trouve aussi dans des régions méditerranéennes centrales et occidentales.

source : https://fr.easydna.ch/tests/paternelle-liste-des-haplogroupes/

 

 

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